Les sites palafittiques sont des vestiges archéologiques d’habitats lacustres datant du Néolithique et de l’âge du Bronze. Ces constructions sur pilotis sont immergées dans les lacs et les marais répartis dans l’arc alpin. Il y a 4 700 ans, une petite communauté d’agriculteurs s’installe sur les rives du lac d’Aiguebelette. Aujourd’hui, la bonne conservation des éléments architecturaux et des matériaux périssables fournit de nombreux détails sur le quotidien de ces premiers villageois du Néolithique.

Signalé dès 1863, il faut attendre la fin des années 1950 et le développement de la plongée autonome pour que deviennent possibles les premières observations directes du site Néolithique de Beau Phare. Situé au Sud du lac sur la commune d’Aiguebelette-le-Lac, ce site est le mieux conservé des 18 sites répertoriés autour du lac. Il se trouve sur une presqu’île qui à l’époque n’était pas recouverte par les eaux du lac. Il faut savoir qu’à cette période du néolithique, le lac présentait des niveaux inférieurs en raison très certainement de températures plus élevées qu’aujourd’hui et peut-être une configuration différente de son point de déversement (Thiers).

Les vestiges archéologiques, matérialisés par des restes de pieux en bois formant l’ossature des bâtiments, sont immergés sous 1 à 3 mètres d’eau. Les recherches menées ces dernières années ont permis d’établir le plan du village de Beau Phare. Avec son chemin d’accès et ses palissades, il est caractéristique des villages lacustres du Néolithique.

Ce patrimoine archéologique est fragile, non-renouvelable et parfois menacé. Il représente une source précieuse pour la connaissance du passé, il doit donc être préservé et protégé. En raison de leur vulnérabilité, les villages palafittiques font l’objet d’une attention accrue ces dernières années. Ainsi, les sites palafittiques dit du Gojat (Novalaise) et de Beau Phare, sont classés par l’Etat en tant que Monuments Historiques. La préservation et l’intérêt archéologique du site de Beau Phare ont permis en 2011, son inscription au patrimoine mondial de l’humanité UNESCO. Il fait partie des 111 sites sélectionnés dans les six pays de l’arc alpin que sont la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, la Slovénie, l’Italie et la France.