Plantation de végétations lacustres au lac d’Aiguebelette
Les formations végétales aquatiques sont un élément central de la richesse biologique des lacs et de leur fonctionnement. Elles offrent des habitats à de nombreuses espèces, améliorent la qualité de l’eau, limitent l’érosion des berges et participent à la beauté des paysages.
Contexte
Qu’elles soient émergées ou immergées, celles du lac d’Aiguebelette sont marquées par deux caractéristiques :
- D’une part, avec une superficie totale d’environ 12 hectares, elles n’occupent qu’une proportion très minoritaire (+/- 10 %) des zones présentant une profondeur d’eau qui devrait théoriquement leurs permettre de se développer.
- A ce déficit quantitatif, s’ajoute un état de conservation plus ou moins fortement dégradé pour la majorité d’entre-elles.
Redonner vie aux herbiers et aux roselières
Le Conservatoire des espaces naturels de Savoie, co-gestionnaire la Réserve Naturelle Régionale avec la CCLA, porte un projet financé par le fonds européen de développement régional (FEDER) qui vise la reconstitution d’une superficie significative de ces habitats naturels. L’objectif est de recréer environ 1 hectare de roselières, scirpaies, herbiers de myriophylles, potamots et characées, réparties sur une douzaine de secteurs.

Scirpe lacustre

Potamot

Myriophylle à épi
Les travaux
Elevés en pépinières chez Millet Paysages et Arbre Haie Forêt, les végétaux sont et seront transplantés sur le site sur une période de 2 ans à partir l’automne 2026.
Une partie des stations d’implantation sera équipée de protection physique contre la pénétration de la faune sauvage herbivore (poissons, oiseaux, rongeurs aquatiques) qui est un facteur d’échec connu dans ce type d’opération.
Carte de localisation des secteurs de plantations

Coût et financement
Ces travaux ont un coût de 724 758 € financés par des fonds européens du FEDER.
La gestion des marais du lac
Entre prairies et boisements, une gestion complexe
À l’exception de la côte rocheuse de la rive est, les marais forment autour du lac une ceinture et une zone de transition entre la végétation aquatique des berges (nénuphars, roseaux, etc.) et les milieux terrestres. Ils couvrent aujourd’hui une surface de 160 ha, dont environ deux tiers sont occupés par des boisements humides (saules, aulne, bouleau, frêne, chêne pédonculé, etc.), tandis que le reste forme des milieux herbacés : prairies humides et roselières terrestres.
L’urbanisation les a morcelé en une quarantaine d’entités plus ou moins encore reliées entre elles, et dont les deux plus grandes sont à l’ouest, sur Saint-Alban-de-Montbel et Lépin-le-lac Gare, et à l’est, sur le site du Marquaire.
À quoi servent les marais ?
Ces marais contribuent au caractère paysager et à l’identité du territoire ; ils participent à la qualité des eaux du lac et sont des zones à enjeux pour le patrimoine naturel. Enfin, bien que l’exploitation par fauche ait cessé pour la plupart d’entre elles il y a un demi-siècle, certaines prairies ont conservé un usage agricole.
Comment les protéger?
Afin de préserver l’ensemble de ces enjeux, l’un des axes majeurs de la gestion des marais consiste à restaurer ou maintenir le plus de surface en prairies humides, par fauche ou pâturage, et de leur redonner un usage agricole. C’est ce que s’attachent à mettre en place les gestionnaires d’une partie de ces praires, le CEN Savoie et la CCLA, en tenant compte d’un ensemble de contraintes à dépasser : la maîtrise foncière, l’équilibre économique des opérations de gestion, l’intérêt agricole et l’intérêt biologique.
Sur la cinquantaine d’hectares de prairies humides et roselières terrestres, une douzaine est ainsi gérée en partenariat avec des exploitants et des particuliers ou par le biais de prestations ; il s’agit de fauche ou de pâturage (chèvres, chevaux ou vaches).
Enfin, lorsque des prairies ont évolué en boisements suite à l’arrêt de leur entretien, la « gestion » consiste à ne plus intervenir afin de favoriser les arbres morts ou âgés et tout un ensemble spécifique d’espèces à forte valeur patrimoniale (champignons, insectes, chauve-souris, etc).


Travaux de piquetage – Protéger la biodiversité du Lac d’Aiguebelette
Afin de préserver la biodiversité du lac, la CCLA en lien avec Conservatoire des Espaces Naturels de Savoie ont engagé une vaste opération de piquetage des zones de végétation aquatiques et notamment des roselières, entre novembre 2020 et février 2022.
Celle-ci comprenait le remplacement des anciens piquets bois installés dans les années 1990 et l’extension de ce piquetage aux zones qui n’étaient pas encore protégées.
Ce sont plus de 11 km de piquets châtaigniers qui ont été installés.
![]() |
![]() |
| Anciens piquets en mauvais état en 2019 | Travaux en 2020 |
Les zones de végétation littorale jouent un rôle majeur pour le maintien de la biodiversité du lac. Elles abritent nombre d’espèces végétales et animales qui y trouvent refuge et qui viennent s’y reproduire. Elles assurent aussi une fonction importante dans le maintien de la qualité des eaux du lac et des équilibres de l’écosystème.
En empêchant la pénétration dans ces zones et en maintenant une distance suffisante entre les formations végétales et les usagers du lac, il s’agit d’éviter la dégradation des milieux, de maintenir des espaces de tranquillité et par voie de conséquence, de préserver un patrimoine naturel d’exception.



